Le Mil au Sénégal: un potentiel sous exploité

Le mil est une céréale de la famille des poacées, tribu des panicées. Egalement appelé mil perlé, petit mil, mil à chandelle (Pennisetum glaucum (L), R. B2), il existe sous plusieurs formes dont la plus cultivée est le mil pénicillaire. Le terme « mil » regroupe un ensemble de graminées alimentaires qui ont pour caractéristiques communes la petitesse de leurs graines. Ces céréales sont surtout cultivées sur les terres marginales dans les régions sèches des zones tempérées, subtropicales et tropicales. Grâce à des  recherches scientifiques effectuées à base des données ADN, cette localisation est faite aux alentours du Niger et du Mali. Depuis longtemps, le mil a été exporté vers les autres continents, principalement en Asie. Le premier pays producteur est actuellement l’Inde, le Nigeria et le Mali.

En Afrique, les mils cultivés dépendent du cycle de la culture et se classent sous la dénomination des mils hâtifs ou précoces cultivés dans les zones à faible pluviométrie dont le cycle varie entre 75 et 100 jours (Mali) et mils tardifs cultivés dans les régions les plus humides avec un cycle de 110 à 150 jours (mai ou somno au Niger et Nigeria et sanio au Sénégal et Mali). Sa culture revêt une importance capitale pour l’alimentation humaine dans les régions semi-arides d’Afrique et de l’Inde.

Très souvent, les agriculteurs ont adopté l’association du mil avec d’autres céréales (sorgho et maïs) ou avec des légumineuses (arachide, niébé) dans leur système de culture (CMA / AOC, 2004). Ici, le mil occupe une importante place avec 65,31% (soit 5 183 450 ha) des superficies emblavées et 43% (soit 3 595 513 t) des volumes de productions à céréales selon les données des huit dernières années (DAPSA, 2012). Il existe une multitude de repas à la base de mil (couscous, bouillie, amuse-gueule, boissons fermentées et non fermentées, etc.). Les sous-produits sont utilisés pour l’alimentation animale mais aussi dans d’autres sphères comme la vannerie, la confection des habitats, des greniers. La graine possède en plus des vertus médicinales.

Plus cultivée mais moins consommée. C’est le paradoxe de la culture du mil au Sénégal. La production nationale est régulière et ascendante et demeure plus significative que toutes les cultures au pays de la Teranga. Et, les paysans optent pour la croissance de leur capacité productive. Avec 1 million d’hectares de superficies emblavées pour un rendement de 600 kg / ha pour le mil et de 800 kg / ha pour le sorgho (ANSD, 2015), ces deux produits occupent les premières places au Sénégal. Le paradoxe continue avec la chute de la demande des consommateurs. Cette situation s’explique par la préférence au riz et au blé due aux approvisionnements irréguliers du mil, le faible niveau de revenus des populations et l’urbanisation rapide qui a engendré de nouvelles habitudes alimentaires.

L’Etat et les organisations libres en ordre de bataille pour le mil
L’introduction du rapport « Situation économique et sociale du Sénégal en 2014 », publié par l’ANSD en août 2017, stipule que les principales préoccupations du gouvernement sont respectées. L’État du Sénégal a conçu le Programme de relance et d’accompagnement de la Cadence de l’Agriculture Sénégalaise (PRACAS), qui constitue un sérieux objectif de sa nouvelle vision globale concoctée dans le Plan Sénégal Emergent (PSE). L’agriculture reste la principale activité en milieu rural au Sénégal. Le mil est une source de nutriments essentiels pour l’homme. La céréale est particulièrement riche en protéines et contient aussi des vitamines B et des nutriments essentiels comme le magnésium, le phosphore, le zinc, le calcium et le fer. Il peut servir à la production du lait, particulièrement recommandé pour les enfants et les personnes âgées ou en convalescence. Il s’agit surtout de bouillies et de pains ressemblants à des galettes. Traditionnellement, le mil est pilé dans un mortier. Mais sa préparation mécanique est de plus en plus populaire – le grain est alors passé dans  décortiqueuse et un moulin à farine. La méthode évite un travail laborieux même si elle peut influer sur la qualité de la farine.

AgriAction est une initiative qui vise à vulgariser les résultats de la recherche agricole auprès des agripreneurs, afin de les sensibiliser sur la production et consommation des cultures locales à forte valeur nutritive et génératrices de revenus, dont le mil. Après une collecte des données, nous avons réalisé l’infographie ci-dessus que nous mettons à disposition des agripreneurs, chercheurs, acteurs du développement, entreprises et citoyens, dans le but de promouvoir ce fruits comme alternative pour améliorer la sécurité alimentaire du Pays.

Télécharger l’infographie 

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